Sur la brèche
Ou avoir un peu faim…
Le trop de confort nuit au surgissement d’idées, au mouvement et à la prise de risque. Comme la précarité empêche la réflexion sur soi, sur le monde et sur la vie. Je crois que l’équilibre est impossible à trouver entre « être sur la brèche » versus « être dans une prison dorée ». C’est un peu comme quand on mange et qu’on a encore juste un peu faim. Pour moi, le point d’ouverture se trouve ici, pour éviter la paralysie du manque et le statut quo qu’engendre l’opulence. J’ai l’impression que c’est dans cet espace de vide, de petite faim surmontable, d’écart entre soi et la matérialité, qu’on prend la mesure du risque, de l’inattendu et de l’improvisation. Ce serait un peu comme jongler avec des balles de différentes couleurs et poids et sentir ce qui est juste pour soi. Ce serait un peu comme ça, partir à l’aventure de sa vie, avec soi et les autres comme partenaires. Jongler avec le temps qui passe vite puis lentement. Surfer autant sur le haut que sur le creux de la vague. Faire avec le plein et le vide dans une dynamique d’impermanence qui émancipe, remue et agite l’être tout entier. Laisser entrer un peu de courant d’air dans la cheminée. Accueillir la brèche et en faire une alliée. Alterner les moments fastes et les moments de sobriété. Faire rimer mouvement avec découverte. Inviter l’improviste dans sa vie. Faire résonner l’abondance avec le désir. Faire taire la peur ou l’apprivoiser, qu’elle devienne autre. Revêtir ses habits de fête et ses habits d’atelier. Se maquiller et parfois non. Entrée/plat/dessert, c’est parfois trop et parfois non. Et vous, où vous situez-vous sur l’échelle du confort ? En êtes-vous satisfait.e ? Aspirez-vous à autre chose ? Quelle est votre musique intérieure ?
Je vous annonce, comme sur la brèche, mais avec une grande joie, que cette semaine est charnière pour moi : c’est la fin d’une longue période de salariat et mon entrée en coopérative en free-lance !
Gravure en taille d’épargne Chloé Sasias
À la découverte des poupées Katchinas des Hopis
Je ne sais pas trop comment les Katchinas me sont revenues en images dans la tête, c’est peut-être qu’il y a un télescopage de mon ex-nouvelle vie de styliste bijoux qui me revient en mémoire et en avenir et toutes les décisions de directions que je dois prendre (ou pas) … Je ne suis pas ethnologue, non. Mais j’avais étudié les poupées Katchinas en termes de style pour faire des bijoux de mode haute fantaisie. Cela m’avait fascinée, cette liberté toute en couleurs, cette façon de célébrer les passages autant que cette culture animiste méconnue. Alors je vous partage cette curiosité qui j’espère vous intéressera et vous intriguera autant que moi. J’ai souvent envie de célébrer des passages, par exemple, mon changement de statut de salariée pour le free-lance, le passage d’une saison, la venue de la rentrée…, tous ces anniversaires qu’on ne fête pas assez, me semble-t-il. Je trouve que notre époque contemporaine, ici en France, manque de cette magie et de ces rites païens, que je trouve très précieux, comme patrimoine matériel comme immatériel. Ils font une place à quelque chose qui n’a pas de prix. Selon Wikipédia, « les kachinas ou katchinas (parfois retranscrits Katsina, au pluriel : Katsinam) sont des esprits dans la mythologie des Hopis et Zuñis du Nouveau-Mexique et de l'Arizona, dans le Sud-Ouest des États-Unis. Esprits du feu, de la pluie, du serpent, ou encore esprits farceurs, espiègles, bienfaisants ou malfaisants, ils constituent en sorte un inventaire du monde visible et invisible. Six mois par an, à l'occasion de fêtes rituelles, ces esprits s'incarnent dans des danseurs masqués et vêtus de vêtements de circonstances. Des poupées de bois peintes de vives couleurs, également nommées kachinas et représentant ces danseurs, sont offertes aux enfants, à l'issue des fêtes, pour qu'ils se familiarisent avec le monde des esprits. »
Petit exercice créatif pratique : l’objet oublié
Intention : Explorer l’imaginaire et redonner vie à des objets du quotidien oubliés.
Matériel : Un objet trouvé dans un tiroir, du papier ou un carnet, un stylo, crayons ou feutres
Durée : 30 minutes à 1 heure.
Consignes pas à pas
Choisissez un objet dans un tiroir ou un placard que vous n’avez pas utilisé depuis longtemps.
Observez-le attentivement : sa forme, sa texture, son état.
Imaginez une histoire mythologique ou fantastique qui expliquerait pourquoi cet objet a perdu sa magie ou sa fonction initiale.
Écrivez cette histoire sous forme de court récit (ou d’une légende). Si vous préférez, dessinez cet objet pour illustrer ou réinventer son apparence.
Partagez votre histoire ou votre dessin sur les réseaux sociaux ou dans un cercle d’amis
Facultatif : Donnez-lui un nouveau rôle ou une seconde vie symbolique dans votre quotidien.
Vous donner envie de lire « Ma vie de pingouin » de Katarina Mazetti
L’autrice qui écrit aussi des livres pour enfants, a été notamment connue par son livre « le mec de la tombe d’à-côté ». Le prétexte de l’histoire, c’est une croisière vers l’Antarctique qui rassemble toute une galerie de personnages, dont deux principaux, Wilma et Tomas, sous fond de satire du tourisme. Le récit est kaléidoscopique, chaque personnage a son chapitre, et les chapitres s’enchaînent comme une énigme, on en apprend par le regard de chacun sur soi et sur les autres, tout se croise à plusieurs voix. On veut en savoir plus. Le ton est léger mais pas si léger, même profond sous couvert d’humour. On rit autant qu’on est dans la mélancolie. Les descriptions du récit sont ciselées et le langage truculent. Je me suis attachée à Wilma et Tomas et j’ai été triste de refermer le livre une fois l’histoire terminée. Le mélange de rire et de peine, la force et la fragilité des personnages, mêlées. Ce petit côté surréaliste et en même temps tellement humain et vrai. Ce livre m’a fait du bien, comme une pirouette pleine d’humour avec de grandes questions d’humanité.
N’hésitez pas à me joindre par mail : chloesasias@yahoo.fr
Ma newsletter sortira maintenant le jeudi, n’hésitez pas à me faire part de vos retours à ce sujet. Merci à toutes et tous pour votre soutien ! Je vous embrasse.





Oui, je suis d'accord et pense que le trop de sécurité étouffe les initiatives, l'esprit d'aventure, l'accueil du nouveau voire de l'inconnu...
Bravo pour la 2ème partie toujours riche de tes découvertes à partager.
Toutes les chances pour ton changement de vie professionnelle. Chris